Mise à jour :  21 mars 2008


Témoin d'une sortie hors du corps, sans retour, d'une autre personne
AVERTISSEMENT :
la nature du présent témoignage ne réfère
ni à une expérience d'EHC/OBE
( EHC = Expérience Hors du Corps / OBE = Out of Body Experience ),
ni à une expérience d'EMI/NDE
( EMI = Expérience de Mort Imminente / NDE = Near Dead Experience )
telles que définies par les recherches actuelles
dans ces domaines respectifs.



Détail d'une carte de souhait d'encouragement
offerte à Marie par Lyne, sa psychologue en oncologie,
qui l'a si généreusement accompagnée
du début jusqu'à la fin
de cette épopée de vie de Marie.


    Je me vois de dos jusqu’à la ceinture, en forme de silhouette noire, comme assis sur une chaise et en présence de Marie. De ma chaise, je vois Marie debout, un peu élevée comme en suspension car je dois lever quelque peu la tête pour la regarder. Elle est face à moi, à une distance approximative de deux mètres. Je vois très précisément son visage jusqu’aux épaules et le reste de son corps semble imperceptible à mes yeux.

    Son visage très détendu et calme, au doux sourire ( ce petit, je ne sais quoi d’angélique de par la douceur ), dégageait un sentiment de bien-être et de bonheur. Nous échangions ( sans parole, ni son, ni signe aucun  ) ensemble des propos à teneur de spiritualité tout comme nous avions l’habitude de le faire lors de nos multiples rencontres de ces derniers mois. Parfois, elle semblait me faire des farces et se mettait à rire joyeusement comme pour me taquiner tout comme un enfant qui joue. Je ressentais une atmosphère de paix, de sérénité et de joie durant toute la durée de cette rencontre onirique
1.

    Puis, tout à coup, l’intensité consciente de cette rencontre devint si forte que cela m’a bousculé subitement du rêve au réveil total. J’ai allumé ma lampe de chevet; je me suis roulé une cigarette et me suis assis sur le bord de mon lit tout en continuant à lui parler comme si elle était encore là, à mes côtés. Je lui disais quelque chose comme :  « Ne crains rien Marie. Suis la lumière; tu ne peux t’y tromper. Monte! Monte et suis la lumière et tu y arriveras tout comme ton héron. ». J’ai terminé ma cigarette, l’ai écrasée, me suis remis au lit pour poursuivre ma nuit de sommeil en me demandant ( si je me souviens bien ) si je retrouverais la suite de mon rêve avec Marie.

    Je commançais à peine à m’endormir que le téléphone se mit à sonner. C’était mon frère pour me dire que Marie avait cessé de respirer il y a 15 minutes de ça. Je lui ai répondu  :  « O.K. Je m’habille et j’arrive. ». Je venais d’avoir la réponse à ma question relative à mon rêve.

    Je regardais l’heure. Il était 04h35. Je me suis mis à faire le compte à rebours de mon rêve. Le temps de me rendormir ( à peu près 5 minutes  ), le temps de rouler et fumer ma cigarette ( à peu près 5 minutes  ) et le début de mon rêve ( évaluation très subjective de ce temps = à peu près 5 minutes  ), cela me ramène très près du moment spécifié par mon frère pour l’envol de Marie.



1  « Les Romains et les Grecs connaissaient bien des arbres de notre entourage.
À la plupart, ils vouaient un culte qu’ils justifiaient en leur attribuant une incarnation divine  :  

Orme  :  arbre d’Oneiros, dieu des songes et de la nuit, fils d’Hypnos, dieu du sommeil,
lui-même frère de Thanatos, le trépas. Dédié également à Hermès.
Les fruits ailés accompagnaient les âmes des défunts devant le juge suprême. »




    Depuis son envol vers d’autres cieux réels, à chaque fois que je me promène à l’extérieur et qu’ainsi mon esprit est libéré de mes tâches quotidiennes, je ressens tout juste au-dessus du poignet de mon bras droit une pression comme si quelqu’un y déposait sa main pour m’accompagner. Je n’ai jamais, précédemment dans mon existence, senti pareille sensation.

    Faut dire que depuis son envolée, je pense à tous les jours à Marie et qu’elle habite mon esprit sans peine et tristesse aucune. En février dernier, lors du décret médical de sa mort imminente et de ma visite auprès d’elle à ce moment, je me souviens lui avoir dit que je lui passais mon ange gardien pour la veiller, l’assister et l’aider à retrouver toute sa vitalité. Je lui ai dit que mon ange gardien se tient tout juste derrière moi, du côté droit. Alors, elle m’a dit que le sien se tenait de son côté gauche. Je lui ai dit alors que c’est parfait ainsi. Tu seras très bien encadrée et protégée.

    Ma question :  lors de son départ, serait-ce que mon ange gardien me serait revenu à mon côté avec l’empreinte vitale de Marie ?  Ma raison ne sait pas. Mon sentiment n’en doute nullement.

    Depuis mon songe de Marie dans la nuit du dimanche 26 octobre au lundi 27 octobre 2003, jamais je n’ai refait pareille expérience.




    Marie est ma nièce. Elle est la fille de mon frère. Elle n’avait que 27 ans au moment de son départ, ce 27 octobre 2003. Elle aurait eu 28 ans le 11 novembre suivant. La cause du décès de Marie est relative à la présence d’une masse cancéreuse incurable au cerveau. Durant la dernière année, à chaque fois qu’elle allait suivre ses scéances de chimiothérapie, mon frère et elle passaient chez moi pour me visiter puisque j’habite tout juste derrière le centre hospitalier où Marie recevait ses traitements. C’était donc lors de ces rencontres que nos entretiens, (Marie et moi ) portaient sur les symboles, particulièrement ceux relatifs aux oiseaux dont le héron, son oiseau préféré, sur les papillons, sur la spiritualité. Jamais, Marie ne me parlait de ces sujets avant le déclenchement de sa maladie, quelques années plus tôt. J’ai donc été fort agréablement témoin de cette fulgurante évolution spirituelle de sa part.

    En février 2003, son oncologue traitant signifiait à ses parents que Marie n’avait qu’une espérance de vie que de trois semaines seulement et il a dit à Marie que toute l’équipe de spécialistes qui travaillait avec lui ne pouvait plus rien faire pour combattre l’évolution de la masse maligne qui était maintenant à un point de non retour quant à une régression possible. À compter de ce jour et, ce, jusqu’au 27 octobre suivant, je rendais visite à Marie presqu’à tous les jours pour l’accompagner. Ses parents étaient à ses côtés à tous les jours. J’ai donc été témoin de toutes les phases de son état de conscience qu’elle a vécues jusqu’à la toute fin. Certains jours, elle était dans un état comateux, d’autres jours, elle se promenait à l’aide de sa marchette ou faisait une randonnée à l’extérieure, assise dans un fauteuil roulant. À certains moments, elle effectuait une récupération physique telle que son médecin lui permettait d’aller passer quelques jours chez elle. Puis, de nouveau, son état se détériorait et ses parents la ramenaient, en toute hâte, à l’hôpital. Cette vacance d’hospitalisation s’est produite à quelques reprises jusqu’à sa toute dernière, au mois d’octobre 2003, où, là, elle était tombée dans un coma profond et était maintenant agonisante. Trois jours plus tard, elle décédait.



    Tel que relaté dans le récit du songe, il est indéniable que les perceptions de ma conscience onirique concordaient en toute « synchronicité  » au temps « réel physique  » de l’événement du départ de Marie et/ou de la mort physique.



Jacques Bergeron,
Montréal — QUÉBEC
Lundi, le 23 janvier 2005






Conception et RéalisationJacques Bergeron — Montréal - Québec